« Cueille la rive », Écomusée du littoral; algues, roseaux et savoir-faire
Carpe Ripam, du latin « cueille la rive », s'inspire de l'expression Carpe Diem. Le projet est une invitation à se reconnecter au moment présent en cultivant le vivant au profit d'une architecture durable et ancrée dans son milieu. Il propose de rééquilibrer le littoral en contrôlant la propagation du phragmite, une plante invasive, tout en mettant en valeur les algues, plus discrètes mais essentielles. En cueillant les roseaux, on libère l'espace pour le retour des espèces indigènes. En cultivant les algues, on crée au large une trame souple qui atténue la houle et contribue à protéger la berge de l'érosion.
Le processus de culture est mécanisé afin de le rendre plus ergonomique. Inspiré d'un système de cordées et de poulies, il facilite la manipulation des algues entre l'eau et la terre. Le parcours du visiteur s'articule par une passerelle surélevée offrant une vue plongeante sur les procédés et les travailleurs, tout en libérant le rez-de-chaussée pour les activités de production. C'est là tout le principe de l'écomusée : rendre visibles les savoir-faire, sans les figer.
Les sens sont sollicités tout au long de l'expérience : le toucher, en cueillant le phragmite avant de le déposer au fablab ; la vue, depuis la passerelle, sur les cordées d'algues manipulées par le mariculteur ; l'odorat, au passage par-dessus la cuisine ; le goût, en découvrant les algues transformées dans le restaurant ; et l'ouïe, suscitée par les clapotis de l'eau en se promenant sur le quai.
Cette logique se prolonge dans l'architecture : deux pavillons, le restaurant et le laboratoire, sont installés sur des rails de mise à l'eau, leur permettant de glisser vers le fleuve pour s'ancrer temporairement dans le paysage. L'ensemble adopte une structure hybride alliant ossature en cèdre local et structure en aluminium pour la serre, dont la mise en valeur par un décalage vertical en hauteur permet d'accélérer le séchage des algues.